Tributations de Tulipe en quête de quelque chose dans les rues de Qc city.

1.8.07

27 ans

Je suis le monstre de ma génération, le produit déformé dans lequel ma société se reflète.
J'ai plein de choses, un appartement, un cellulaire, une tv et un dvd, des vêtements à en crever, des crèmes, des magazines, des journaux, des livres, des cds... enfin jusqu'à vendredi dernier...
Je navigue sur une mer d'objets, je fais mon chemin à travers cette foule-fleuve, comme à la recherche d'un endroit où le temps s'arrêterait.

Et où trouver cet endroit sinon que dans les bras d'un homme?

**********

C'était ma fête hier, et encore une fois, l'alcool s'est rassemblé autour de moi, histoire de rire et de déconner un peu avec mes amies et l'homme rencontré l'autre soir qui est débarqué.

Je suis allée flâner au disquaire-empire A., histoire de renflouer mes maigres provisions de musique. J'ai acheté mes indispensables, et quelques autres que j'ai trouvé usagé chez musique du faubourg :

- Amy Winehouse, Frank et Back to Black
- Blonde Redheaud, 23
- Feist, The Reminder
- Eleni Mandell, Miracle of five
- Patrick Watson, Close to paradise
- Radiohead, Hail to the thief
- K-OS, Joyful rebellion
- Richard Desjardins, Kanasuta
- Noir Désir, Des visages des figures

29.7.07

drôle de fin de semaine

Faut croire que quand l'action décide de se donner rendez-vous dans ma vie, elle ne fait pas les choses à moitié, pour le meilleur et pour le pire.

Tout ça avait pourtant commencé bien innocemment. Après mon shift au bar, j'ai pris un verre tranquilo avec ma soeur et mon frère, et mon amie Virg qui est venue se joindre à nous. Je suis encore sur ma lancée du moton qui ne passe pas. À un moment, ma soeur me signale que l'ex est dans les parages au bar.

Je me suis dit, c'est pas tout de fuir, mais quand la vie te fait des signes persistants, il est temps d'affronter.

Je suis allée le rejoindre au bar.
Conversation libératrice. Pris trop de shooters pour me calmer le grand tremblement et enfin arriver à le confronter et à lui parler.
Je ne suis capable de le détester pour la déception qu'à moitié. Je ne suis pas capable de le regarder et de lui en vouloir à mort. C'est juste que ses problèmes sont trop gros pour moi, pour lui, pour une quelconque relation.

Quand les lumières du bar se sont allumées, et que j'avais les yeux en canotage, je suis allée chercher mon case à cds et je suis partie avec l'ex. On s'est installés sur un banc de parc sur la rue St-Jean, à quelques pas de chez moi.
Est-ce l'envie de boucler la boucle, de se saisir pour une dernière fois, d'expurger la solitude, toujours est-il qu'on s'est dirigés vers mon appart.
Quelques minutes après, je me rends compte que mes cds ne sont pas dans mon appart. Je pars en courant au banc... mais disparus... toute ma musique, envolée... fuck

Devant l'inéluctable de mon étourderie, j'ai ri. Que faire d'autre? C'était irréel, l'ex était là et j'avais une conversation à terminer.

Le lendemain matin, il était dans mon lit, il avait toujours la même odeur de toutes ces phéromones trop compatibles avec moi, mais il était devenu un étranger.

Mais je n'avais le temps de ne penser clairement ni à ça ni à la disparition de mes cds, car je devais me lever, direction val-bélair où mon amie So organisait un party dans la maison de ses parents partis en voyage de pêche pour le shower du bébé qui s'en vient de notre amie Val et pour ma fête, qui est après-demain.

Il fait humide, l'orage menace, et on prend du bon temps avec les amis qui arrivent peu à peu. On s'essaie dans la piscine creusée, avec l'espoir que le soleil se pointe un peu plus, mais bon, on n'est pas là pour s'inquiéter du temps. Je raconte à mes amies, encore un peu sous le choc, ce qui m'est arrivé.

Le temps du souper se pointe, on se fait un barbeq et les amis du chum de So, Frank, commencent à se pointer aussi. So me glisse en riant qu'elle croit bien qu'un de ceux-ci devrait me plaire.

Il est arrivé et j'ai reconnu en acquiessant qu'il était indubitablement sexy, avec un petit air nonchalant et des yeux verts perçants assez charmants. La soirée a passé agréablement, on a déconné en masse, les amis de Frank se révélant compatibles avec mes amis. Ici et là, moi et l'homme en question, on s'accrochait et parlait à bâtons rompus. Un peu fuzzy, j'ai fait des martinis avec le kit que les chicks m'ont acheté pour mon anniversaire, et on a plongé dans la piscine aux petites heures du matin.

Tout s'orchestrait sans que je n'ai à faire quoi que ce soit, sauf me laisser porter par le courant.
Dans les antres de la maison de bourgeois.

****

Il a calé son numéro dans la poche de mon jeans affalé sur le plancher, et est venu me caresser les cheveux avec ses yeux d'amande.
De retour en ville, je décide d'aller voir le dernier soir de Osez! sur le quai de la ville. Et puis fuck, je l'appelle, je ne respecte aucune règle et je lui dit d'emblée :

moi : - ouin je sais que ça fait pas très longtemps qu'on s'est pas vus, mais ...
lui : - dac

Ah ben. J'arrive là, il n'y est pas, je me dis, arrête de regarder partout s'il arrive et concentre toi sur la danse. Après un moment, je regarde à ma gauche et il est là assis sur un banc et me regarde.

On s'est fait une petite soirée cinoch Simpsons. Donné rendez-vous après demain à mon bar pour ma fête, durant mon 5-10.

Alors le prix à payer pour la belle rencontre, j'imagine : mes cds.
Fait chier quand même.

27.7.07

Comme un arrière-goût d'un moton qui ne passe pas

C'est souvent après des semaines que tout à coup la rupture nous rentre dedans, mais d'une autre façon. Au début, on la pleure, on cherche à continuer à vivre, on est trop près pour voir tout ça d'un oeil clair.

Puis le temps passe, et on oublie un peu. On zyeute à gauche à droite, on se sent léger comme l'air, alors qu'on est tout simplement en chute libre. Et quand on atterrit, ça fait mal en christ.

Je ne sais pas ce que j'ai, ni ce que je n'ai pas. C'est peut-être la solitude, mais je crois que c'est autre chose. Je suis incapable de m'enlever mon ex de la tête. Pas que je pense à lui amoureusement, j'aurais plutôt envie de lui arracher la tête et en même temps de le prendre dans mes bras comme l'homme perdu qu'il est et qui continue à s'engoudir à la boisson tellement qu'il va finir par en crever, maudit imbécile. Je constate les dommages faits à l'intérieur, et l'étendue vient de me frapper. Ce n'était pas une petite relation, c'était viscéral, passionné et complètement idiot de ma part de croire que je pourrais sauver cet homme.

Malgré moi, ça me fait mal, encore. De ne pas avoir réussi, d'avoir été obligée, pour ma santé mentale, de fuir, de m'en aller loin de cet amour malsain. Et je suis frue. Frue qu'il ne m'ait pas retenue, qu'il n'ait rien fait, acceptant son malheur comme une fatalité, et ne croyant pas qu'il pouvait changer l'ordre des choses.

Des fois, je me demande, et si j'avais attendu un peu, et si j'avais été plus patiente... Mais je sais que pour avoir usé ma patiente à la corde, il est allé très loin. Je suis allée très loin aussi, au point d'oublier qui j'étais et comment je voyais la vie. Je n'ai pas eu d'autres choix que de le laisser, pour me retrouver. De laisser cette colère, cette angoisse, cette frustration, cette peur derrière moi...

Mais l'ai-je fait? La colère gronde en moi, et j'ai comme le coeur arraché, comme si je lui en avais laissé un gros morceau en m'arrachant à lui. Je lui ai laissé mon coeur, lui m'a laissé sa colère. Maudit bel échange! J'espère qu'il en profite un peu, au moins.
sacrament

24.7.07

Le soir où je n'aurais pas dû sortir...

... c'était ce soir. À table, l'ex, la relation épistolaire et un schyzo amoureux de moi.

Pourtant, tout avait bien commencé. Ai fait la grasse matinée... Du pilates sur mon ballon bleu, question de me faire croire que je ne me laisse pas trop aller... Mangé en vitesse au hobbit, avec une nouvelle paire de souliers (l'acheteuse compulsive, c'est moi!). Ai fait mon stand-by au bar, sans travailler, comme d'hab, et ai bu un petit white russian. Mangé chez Miss V. une succulente lasagne au poulet et à la béchamel. Écouté un film chez nous avec Miss V. et Mimi. Puis, Miss V. est partie se coucher et je me suis laissée entrainer par Mimi qui allait rejoindre son amant chez eux avant d'aller faire un tour au toujours sur la route bar le S.

Tout continuait si bien. Il y avait bien la relation épistolaire qui s'est terminée en pseudo-drame de quartier, mais je suis habituée de l'y croiser, ça va, je lui fait bonjour de loin et tout reste ainsi habituellement.

Ça a commencé par ce psycho qui a déjà été sorti du bar par les flics tellement il était en crise et out of control ... Il arrive comme ça à côté de moi et se met à parler tout seul tout en voulant vraisemblablement établir le contact avec moi. Échec total, il retourne se planter à l'autre bout du bar et me regarde avec ses yeux de poisson frit, tout en agitant désespérément son 20$ au staff qui fait semblant de ne pas le voir et en écrasant parfois la boite de kleenex qui se trouve devant lui.

Il fait chaud, on crève, on est assis au bar. Je vais voir s'il y a de la place sur la terrasse. Neni. Je retourne voir mes deux compagnons et Mimi me dit "ton ex est aux toilettes".

Fuck, fuck et refuck! Le shake me prend..... Non pas ce soir, svp, non !! Aucune envie de voir son portrait, chair de poule à penser à la conversation qui pourrait surgir de notre rencontre. Fuck non, j'en ai trop sur le coeur et j'ai pas envie de péter ma coche, j'ai jamais envie de péter ma coche, à quoi ça va servir? Il va rester l'alcolo qu'il est, à l'esprit un peu trop tordu à mon goût, qui m'a laissé partir parce qu'il est trop pissou pour se lever et me dire "non je veux pas que tu partes", car il croit qu'il n'a aucun pouvoir sur ce qui lui arrive. Subir, subir, toujours subir, toujours porter le poids du passé comme un boulet qui prend toute la place...

Je sors fumer une cigarette en vitesse et en allant me chiper un paquet d'allumettes derrière le bar, je le croise alors qu'il remonte l'escalier. Je garde le regard bas et je file dehors comme une furie.

Fume, fume la cigarette, fais moi respirer un grand coup, que le grand tremblement aille se faire voir ailleurs... Convaincs-moi encore que le silence est la meilleure voie, la voix des sages, le refuge des pacifiques. Peu à peu, la fumée me réussit, je rentre gaillardie, prête à l'affronter, maquillée de ma nonchalance.

Il n'y a pas eu de rencontre. Je suis restée quelques temps assise à ma place pendant que le schizo me faisait des signes que je faisais semblant de ne pas voir. Puis la relation épistolaire s'est décidé à venir nous voir. "Je peux vous parler?" huh....... dur de dire non, d'autant plus qu'il n'a rien fait de mal, le pauvre. Il est là debout derrière moi et je sens que je vais étouffer, il sent la clope à des milles à la ronde, il y a l'autre malade mental qui me regarde et qui chantait aux toilettes "ah mon amour, putain de merde, mon amour!", il est à quelques secondes de la syncope paranoiaque, et mon regard se porte malgré moi vers la porte de la terrasse d'où je m'attends à voir sortir l'ex en question d'un moment à l'autre. Fuck, je crisse mon camp.

La relation épistolaire me dit "si c'est moi qui te fait partir parce que tu es mal à l'aise, tu n'as qu'à le dire, je vais m'en aller"... ben non, ben non, c'est pas de ta faute, que je lui dit, un peu menteuse, mais pas tant. Il n'est que la goutte qui a fait déborder le vase.

J'ai fui, j'ai volé, j'ai marché jusqu'à mon appart comme s'il y avait une urgence, comme s'il pouvait réapparaître en arrière de moi et m'appeler...
Je n'avais envie que d'écouter du Amy Winehouse... "you should be stronger than me..."

23.7.07

Virée à Montréal

En fin de semaine, c'était la joie, le soleil, la liberté : je suis allée à Montréal.
Ça devait faire presque 1 an que je n'avais pas mis les pieds dans la métropole, et j'en avais sauvagement besoin. Besoin de m'aérer l'esprit de Québec où les mêmes yeux croisent les miens chaque jour. Et surtout, besoin d'aller voir ailleurs si j'y suis.

Et j'y étais, faut croire, car malgré Miss. V et Mimi qui m'ont abandonnée dans mon projet de fin de semaine montréalaise, j'ai décidé de m'y rendre, voir où la vie me mènera.

Arrivée vers midi samedi, je me suis dirigée vers Villeray où mes amis Diego et Virginie viennent d'élire domicile. Un petit appart aéré où il fait bon vivre. Il faisait beau, il faisait chaud, c'était samedi et on avait soif.

Après un petit déj tardif, on s'est dirigé vers la terrasse du St-Sulpice où je mettais les pieds pour la première fois. La rue St-Denis était fermée pour cause de festival Juste pour rire et il y avait de la crowd là à 3 hres de l'après-midi. On a bu joyeusement 3 pichets de sangria avant de se diriger vers Les folies sur Mont-Royal, boire des pichets de mojito à profusion et casser la croûte.

C'était la ville, j'étais au centre (dans ma tête bien sûr) et j'étais bien. J'ai à peine regardé les beaux garçons qui se pointent à chaque coin de rue, j'étais avec mes amis et leurs amis, et on a bien ri.

On s'est promené sur St-Denis, puis on est allé voir Mister Vallaire qui se commettait sur une scène extérieure. Je les avais déjà vu en performance au 15e anniversaire du Voir ce printemps et je les avais bien aimés. Espèce de mélange d'électro et d'instruments live, le tout agrémenté de projections et d'un look qui se fait remarquer.

Puis on a continué la soirée sur la terrasse du Plan B, mais il faisait un peu froid en fin de soirée, alors on a traversé au Billy Kùn, le seul bar que je connais il faut dire à Montréal, car j'y ai passé quelques soirées bien arrosées.

Repos bien mérité dans les vapeurs du dernier joint.

Dimanche, le soleil brillait comme s'il voulait se faire remarquer et on a abandonné l'idée d'aller voir l'expo du Corps humain comme on l'avait proposé la veille. Fait trop beau pour s'enfermer. On s'est donc dirigé vers le Piknik électronik. Présent, une crowd bigarrée, des lendemains de peanut comme dirait Virginie, des plus sages, comme nous, écrasés au soleil ou en train de groover au rythme du beat... Après un petit pique nique, quelques bouffées de pot et une boris, on a pris la direction du centre-ville pour aller faire le 5 à 7 aux Folies, la place que j'ai adoptée sans détour... Faut dire qu'il y a un joli serveur qui y a bien servi sa cause.

Puis il faut bien que ça finisse, j'ai pris le métro pour me diriger vers la Gare Centrale, prendre l'effrayant bus qui me ramènera dans cette capitale que j'aime et déteste à la fois... Montréal, tu m'appelles !!!

20.7.07

La fin du romantisme

J'ai été une jeune fille absolument romantique. Totalement, misérablement, à en crever. Pas romantique dans le sens je-colle-des-petites-fleurs-sur-mon-agenda - ces trucs-là m'ont toujours profondément emmerdée - mais romantique à l'os, valeureuse héritière de nos amis du XIXe siècle. J'épanchais sur les pages de mes journals chaque amour perdu, jamais advenu, vécu en souffrance, en pleurs, en vagues mélancoliques et aléluia.

J'ai toujours dit que trop de lecture de romans m'avait probablement bousillé le cerveau et que, à un certain moment, j'ai cru qu'il serait possible de vivre ma vie comme un. Roman, je veux dire.

Ah, la croyance en l'amour absolu, combien de fois me suis-je enfargée les pieds dedans! L'amour qui ne connaît que le don et l'abandon complet, l'amour qui se rit des petits couples qui se collent ensemble par peur d'être seuls et perdus dans le monde, l'amour austère et passionné, que je l'ai vécu... souvent à sens unique, il faut le dire!
J'avais le tour de m'enmouracher d'hommes inaccessibles, plus vieux, troublés, mystérieux... J'avais le talent de provoquer des nuits torrides sans lendemain, si on peut appeler ça un talent. Mais quand tout ça se heurtait au mur du quotidien, c'était la débandade.
Avec le temps, j'ai ramassé mon petit coeur en miettes plus souvent qu'à mon tour.

Aujourd'hui, c'est drôle, c'est comme si je ne ressentais plus rien. Comme si j'avais de la corne sur le coeur. Les pages du roman de ma vie se sont éparpillées et le point final s'est écrit lorsque je suis sortie de ma dernière relation, il y a un peu plus de 2 mois de cela.

C'était le summum : un alcolo sur les bords, drogué sur les bords, parano, marqué par le fer rouge de la souffrance et vivant dans la peur. J'ai voulu le sauver. Je ne sais pas pourquoi j'ai tant cette tendance à croire que je peux les sauver, ces grands ténébreux.

Mais ça va, je suis guérie. Je n'essayerai plus jamais d'en sauver un, ou dix. T'as des problèmes? Hé bien, va te faire foutre! Ta mère est schizo? So what? Tout le monde a ses problèmes, buddy.

Ça y est, je n'ai plus le coeur cassé, j'ai le coeur durci.

Jusqu'à la prochaine fois.

On veut des films en version originale!

Sur le site de brun marde, j'ai trouvé une initiative qui me plaît au boutte, c'est-à-dire envoyer un mail de protestation à Cineplex Odéon pour qu'ils réalisent qu'ils doivent absolument proposer au public de Québec des films en version originale anglaise (imaginez, les Simpsons seulement en français... ouch!). Vous pouvez faire votre commentaire ici.